Delouanbara

Colloque international sur les langues couchitique et les peuples qui les parlent.

ADAL = ODQALI = QADLI = AFAR

Le royaume de Adals qui a vécu au moyen âge et qui a combattu les Abyssins notamment sous l’impulsion de l’Imam AHMED IBN IBRAHIM AL GHASI dit le GAUCHER, dit GRAGNE était un royaume AFAR.

Cette affirmation catégorique n’est pas due à une connaissance historique poussée.

Mes connaissances en la matière sont des plus élémentaires.Si je crois pouvoir soutenir que les ADALS du moyen âge sont les ancêtres des AFARS actuels ou plus exactement que ADALS et AFARS ne sont qu’un seul et même peuple, c’est parce que je suis en mesure de m’appuyer sur une argumentation solide fondée principalement sur les similitudes des noms patronymiques en usage chez les ADALS de jadis et chez les Afars d’aujourd’hui.

Le mot ADAL lui même est employé par les peuples voisins pour désigner les Afars. En outre le fait que les ADALS vaincus par les Abyssins vers 1570 se soient retirés dans l’Awssa c est à dire en pays Afar, constitue un argument supplémentaire pour étayer ma thèse.

1- La simulitude des noms propres…

Les sultans et les dignitaires de l’Adal s’appelaient Dini, Habib, Barkat, Aboubaker, Chehem, Semou, Hamid, Garad, Bourhan, Gourat, Goyta, Mahfoud ect. ..

Tous ces noms que l’on lit dans la chronique de la “Conquête de l’Abyssinie” par Chihab Ed Din, se rencontrent chez les Afars et exclusivement chez eux.
Les sultans et les dignitaires de Tadjourah et de Raheyta portent les noms de : Habib, Dini, Aboubaker, Chehem, Barkat, Hamid, Garad ect. ….

Quatre siècles après la disparition de
l’Adal, les Afars, sultans, dignitaires et routières portent les noms que portaient jadis les Adals.
Ils sont les seuls à les porter. Aucun autre peuple de la région n’utilise les noms patronymiques des Adals.

Ce fait à lui seul permet aux Afars de prétendre à l’héritage ethnique du royaume des Adals.
Il prouve l’existence de liens de parenté incontestables et exclusifs entre les Adals et Afars.

Mais le nom patronymique qui prouve de la façon la plus irréfutable la justesse de la thèse est celui porté de l’Imam Gragne.
L’on sait que GRAGNE à épousé la fille de l’émir Mahfoud, cousin du sultan des ADALS. La fille de Mahfoud s’appelait DELOUANBARA (J. Doresse : l’Empire de Prêtre Jean-tome II) ou (Chihab Ed Din : la Conquête de l’Abyssinie). En ajoutant la voyelle E après la première syllabe de la transcription française Et en remplaçant la consonne R du nom par la consonne forte DH de la langue Afar nous avons le nom composé : DELE-OUAN-BADHA. Nous sommes en présence d’un surnom Afar qui se dit :
DELE qui veut dire éloigner, écarter, séparer
OUAN que l’on ne peut pas
BADHA fille

DELE-OUAN-BADHA veut dire donc en Afar et uniquement en Afar :

La fille que l’on ne peut pas éloigner
Que l’on ne peut pas écarter
Dont on ne peut se séparer.
Ce qui veut dire encore la fille bien aimée ou encore la Bien Aimée ou l’Élue . C est un surnom affectueux que Mahfoud a donné à sa fille. C est de l’Afar rien que de l’Afar. L’homme qui donnait un tel surnom à sa fille ne pouvait être qu’un Afar.

2- Le terme même d’Adal est utilisé pour désigner les Afars.

Les peuples voisins des Afars utilisent le mot ADAL pour les désigner.

Les Éthiopiens (Amharas, Gallas, Tigrées) nous appellent ADALS. Pour les Somalie nous sommes Odalis.

Incontestablement, pour nos voisins nous sommes les descendants des ADALS.
Les Amaras qui ont eu durant plusieurs siècles comme voisin, tantôt docile tantôt turbulent le royaume des ADALS, connaissent mieux que quiconque les héritiers du royaume disparu.
Le fait que les Afars d’aujourd’hui sont appelés ADALS par les Amaras prouve de la façon la plus tangible que soit que les Afars d’aujourd’hui sont les ADALS de jadis.
Aucun autre peuple de la région n’a le privilège de porter ce nom prestigieux.
Les Afars sont donc les héritiers des ADALS.

3 – Un autre fait signification est le suivant.

Lorsque vers 1570 l’ADAL exténué par les attaques incessantes des Abyssins affaibli par le terrible famine qui a sévi dans le Harar de 1559 a 1561, ravagé par les hordes Gallas fut définitivement vaincu, le sultanat se transporta dans l’Awssa, pays Afar ou cette forme de gouvernement a survécu jusqu’à nos jours.
Il y a lieu de se demander ce qui a poussé les sultans ADALS à se réfugier dans l’Awssa, pays chaud s’il en est, aride et infesté des moustiques alors que les plateaux Somaliens et les cours d’eau qui les traversent leur offraient un refuge plus hospitalier.

Ce choix aberrant pour les hommes qui ont vécu jusqu’à lorsque les terres fertiles froides des plateaux de Harar ne peut s expliquer que par une raison impérieuse : l’existence d’un lien de sang privilegié entre les ADALS et les habitants de l’Awssa.
On peut penser que si les habitants des contrées plus hospitalieres leur offraient les mêmes affinités ethniques, les derniers sultans de l’Adal n’auraient hésiter à émigrée vers ces contrées.
En se transportant dans l’Awssa les sultans ADALS se trouvaient chez eux.
Ils ont montré par ces gestes que ADALS et Afars ne font qu’un seul et même peuple.
Par ces court exposé, j’ai essayé de montrer que les Afars que l’on appelle aussi Danakils ont un passé historique glorieux puisqu’ils sont les descendants des ADALS. C’est à dire du peuple qui a combattu pendant des siècles les Abyssins et qui les auraient définitivement vaincus à l’époque de la Conquête de Gragne si l’Imam avait montré autant de clairvoyance dans la consolidation de ces conquêtes qu’il a montré de génie militaire.

Paris le 8 septembre 1975
Mr. Abdallah M. Kamil

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